Vendredi 19 octobre, 7H00
Vendredi 19 octobre, 17H00
Le jour n' est pas encore levé lorsqu' il s' assied sur la vielle banquette au tissu usé. Comme chaque matin avant de monter das la car scolaire, il a pris le temps de passer par la vielle écurie au sol pavé, à l' air humide agrémenté de la bonne odeur de foin séché. Puis, devant le dernier box, il s' est attardé. Il a caressé un peu plus longuement que les autres ce trois ans qu' il aime temps. Durant les quelques trente kilomètres qui le sépare du collège, il imagine déjà les moments qu' il affectionne temps. Un vieux jean, une paires de bottes, un gros blouson. Paré pour un tour dans les prés. Quelques bac à remplir peut-être. D' énergique fourchées pour aidé son père à pailler la stabulation des deux ans. Que du bonheur, c' 'est sûr. Mais sa joie la plus intense, il la tirera de l' instant où il décrocha le filet et que, la selle collée au flanc, il ira le monter. Le grincement des freins le sort de ses pensées. D' un revers de la main, il efface la buée de sa vitre. Ses amis sont là, dehors. Il a hâte de les rejoindre. Quelques heures encore et c' est le weekend.
Vendredi 19 octobre, 17H00
Quand il monte dans le car pour refaire à l' envers le chemin du matin, c' est le même homme au volant qui lui lance un bonjour réflexe. La route n' est pas longue mais l' impatience de l' enfant est visible. A quelques kilomètre de la propriété familiale, un superbe camion les croise. Sur la capucine, o, lit "ATTENTION CHEVAUX". Il tente de reconnaître un visage familier au volant. Non, cet homme ne lui dit rien. Le car stoppe. Il saute à terre après un rapide " au revoir". Dans la cour, son père et un autre homme sont là, près d' une grosse berline immatriculée à l' étranger. Quelques rires, une poignée de main. L' inconnu s' en va. Inconsciemment, l' adolescent presse un peu le pas. Quelque chose le gêne, mais il ne saurait pas dire quoi. Il pousse la porte de l' écurie pavée. Au bruit de ses pas, les chevaux se sont redressés. Il avance encore mais les yeux humides, il compris... Le dernier box est vide.
Thomas Millot

